L’autoédition

Bien le bonsoir,

Cette semaine, j’ai publié mon nouvel ouvrage, Le voyage des élus, sur lequel je ferai prochainement un article. Ainsi je me suis à nouveau immergée dans le cœur de la machine de l’autoédition. C’est toujours un grand moment et une expérience particulièrement… comment dire… délicate, rude et capricieuse. Pour la mener à bien, il faut endosser plusieurs fonctions, auteure, illustratrice, éditrice, secrétaire, responsable, maquettiste et j’en passe. En d’autres termes: devenir multitâches, tout simplement. Le plus difficile n’est pas forcément de revêtir ses rôles distincts mais de les remplir dans l’ordre sans s’égarer.

Un jour de septembre, je commence à écrire une histoire sensée tenir en quelques pages mais très vite, la longueur du texte m’échappe. C’est probablement ce qu’il y a de plus beau dans l’écriture, nous ne savons jamais jusqu’où elle va nous mener. Commence alors une véritable course contre la montre pour terminer ce roman dans les délais et le publier avant Noël. Ma première lectrice, Séverine, dévore les chapitres les uns après les autres. Elle est en charge de leur relecture, correction et compréhension. Sans oublier de mentionner son aide dans la rédaction du résumé qui me pose toujours problème. Par conséquent, de lourdes responsabilités reposent sur ses épaules mais fort heureusement je peux compter sur son expertise. J’ignore comment je ferai pour parvenir au bout de mes récits sans ses conseils avisés, ses idées originales et ses mots doux. C’est certainement le premier conseil que je donnerai : trouver une personne digne de confiance et la garder précieusement. Parce que l’écriture n’est pas un travail solitaire, bien au contraire.

Cette fois, la question de la plateforme de publication ne se pose pas puisque je réitère mon choix initial et pose un regard bienveillant sur le site d’Amazon. Parmi tous ceux qui existent dans le domaine de l’autoédition, il conserve sa place dans mes préférences, se justifiant probablement par le privilège qu’il offre à ses auteurs exclusifs. Ainsi, je sais d’ores et déjà que je vais passer par Kindle Direct Publishing pour publier la version numérique de mon livre et CreateSpace pour la version papier. J’attribue à chacune son petite code numérique, c’est à dire le numéro de série permettant de l’identifier. Etant donné que je possède d’ores et déjà une liste d’ISBN (International Standard Book Number) fournie gratuitement par l’AFNIL (l’Agence Francophone pour la Numérotation Internationale du Livre), je n’ai pas besoin d’effectuer une nouvelle demande.

Le mois de décembre débute lorsque je m’attelle tout juste à la création de la première et quatrième page de couverture. Autant dire qu’il me reste peu de temps. Je réalise alors les maquettes à l’aquarelle et obtient les bases des dessins. Puis le logiciel PhotoFiltre 7 de retouchage d’images me permet de leur donner vie. Je fais paraître les mentions indispensables, à savoir le nom de l’auteur et illustrateur, le titre (sous-titre) et synopsis de l’histoire puis le prix comprenant la taxe française. Plusieurs essais voient le jour avec différents variantes au niveau des effets, polices, textures, couleurs, etc. Et ce, pour laisser transparaître mon intention: je souhaite inviter le lecteur/la lectrice à effectuer un grand voyage qui lui permettra de rêver. A nouveau, il me semble indispensable d’exposer mon travail au regard des autres. Les ébauches sont soumises à mon comité personnel qui choisit finalement l’une des premières réalisées pour sa simplicité. J’enregistre le tout en format JPEG pour que les fichiers soient moins lourds et puissent correspondre aux tailles demandés selon les sites, une petite astuce utile à ne pas oublier. Pour ce qui est de la taille du fichier, je me base sur les dimensions correspondantes à la version papier de 12,85 par 19,84 centimètres. En pixels, cela donne du 1518 par 2343. J’utilise systématiquement la même prestation car j’apprécie beaucoup le rendu qui se rapproche d’un livre de poche.

Après une semaine de dur labeur, je m’active pour réaliser la mise en page du livre numérique. C’est le logiciel Calibre qui me permet de mettre mon ficher docx au format epub. En soi, la conversion ne pose aucun problème, c’est simple d’utilisation. Cela se complique considérablement lorsque j’aperçois 3 lignes sautées dans un dialogue ou une phrase qui résiste à la justification ou encore un paragraphe qui n’est pas au même niveau de retrait que les autres. J’effectue les modifications directement sur mon document Word avant de le charger à nouveau dans le gestionnaire de livres numériques. Le syndrome de perfectionnisme est redoutable, je passe des heures voire des nuits entières à m’arracher les cheveux pour obtenir le résultat escompté. C’est à ce moment-là que j’épuise mon stock de verveine menthe, que je vide mes flacons de Rescue et que je me transforme littéralement en zombie. Le plus drôle c’est que je vais devoir refaire exactement la même chose pour la mise en page du livre papier. Génial hein ?! Sauf que le procédé se réalise directement sur le site internet avec mon fichier word converti en pdf pour obtenir une certaine mise en page (selon les formats, plusieurs sont proposées).

Ainsi, je procède en deux temps, d’abord je me connecte sur la plateforme Kindle Direct Publishing pour mettre en ligne la version numérique du livre. J’ajoute l’ebook Kindle en remplissant les 3 pages qui se décomposent de la sorte: les informations à saisir, le contenu et le prix. Cette opération relativement simple est semblable au calme avant la tempête puisqu’elle amène tout droit à l’étape capricieuse de la fiscalité. Je suis soulagée de ne plus avoir à m’en occuper puisque mes renseignements sont toujours les mêmes. Pour tout avouer, je ne garde pas de très bons souvenirs du questionnaire à remplir. Je me rappelle du temps épuisé à déchiffrer les questions et examiner les réponses mais surtout à recommencer du début lorsque le site me demande de retaper mon mot de passe. Parce qu’il semble que la page se rafraîchisse quand elle finit par mourir d’attente. Que de joie, je ne vous le fais pas dire ! Je suis ravie de passer à travers et d’arriver directement au message de KDP qui m’informe que mon produit sera disponible d’ici 24 à 48 heures. Généralement c’est rapide donc je ne me fais aucun souci.

Ensuite, je me connecte sur le site CreateSpace pour mettre en vente la version papier du livre. Les jours se rapprochent de Noël et les problèmes commencent alors. A nouveau, je m’estime heureuse de ne pas avoir à remplir la tax & business information, d’autant que le site étant en anglais, cela ne facilite pas la tâche. Ainsi, j’ajoute directement un nouveau titre en remplissant les trois catégories. La première, Setup regroupe les informations nécessaires, le titre, sous titre, nom des contributeurs, langue, date de publication, ISBN, choix du format du livre qui est 5.06 x 7.81 pour ma part (12.852 x 19.837 cm), couleur des pages et le fameux fichier intérieur contenant l’histoire. Je charge le format pdf en ayant pris soin de réduire au préalable les interférences de mise en page au maximum, mais bien évidemment, cela ne suffit pas. C’est parti pour un casse-tête qui va me faire suer jusqu’à la déshydratation complète. Je repasse par le format docx afin de modifier ce qui ne me plaît guère, c’est à dire le positionnement des titres des chapitres ou bien des mentions légales qui figurent ou encore la hauteur des paragraphes qui varie parfois. Puis j’enregistre en format pdf et je répète l’opération autant de fois que nécessaire. Au bout d’un moment, j’arrête de compter parce que j’essaie de garder les idées claires… un minimum. Une fois que je finis par franchir cette étape, je charge ma couverture avec la première et quatrième page. Sur cette dernière, je m’assure que l’emplacement du code barre ne gâche pas le dessin. C’est un détail à prendre en compte lors de la réalisation de l’illustration.

J’arrive à la deuxième partie Review Proof : le site m’informe alors qu’il va procéder à une vérification, s’assurant ainsi que tout convienne à leurs exigences techniques pour l’impression. Cela prend 24 heures avant de pouvoir poursuivre. En cas d’oubli ou de modifications de dernière minute, il faut compter le double de temps puisque l’ISBN, l’Interior et la Cover sont examinés à chaque changement. Histoire de dissuader les étourdies comme moi. Enfin, je parviens à reprendre mon souffle lorsque je m’attaque à la troisième partie Distribute qui comprend deux gros points, les chaînes de vente à sélectionner (Amazon.com, Amazon Europe, CreateSpace eStore) et le prix à définir. Attention, il faut donner le prix sans la TVA française qui est de 5% pour les livres. Pour effectuer cette opération, il existe des sites à disposition du public comme le Service public de l’administration française. Ainsi, pour que mon livre soit à 5,99€ sur le site d’Amazon.fr qui m’intéresse, je le mets à 5,68€ sur celui de CreateSpace (0.9479 x 5,99 = 5,677921 que j’arrondis à la dizaine supérieure). Je suis au bord de la crise d’euphorie en me rendant compte que j’ai enfin terminé. J’apprends que mon livre sera disponible d’ici 2 à 5 jours. Sauf que, mon aventure ne se termine pas là ! Le troisième jour, je suis contactée par le service gestion du risque de CreateSpace. Il me demande tout simplement de prouver que je suis l’auteure du livre puisque ce dernier figure déjà ailleurs (sur KDP). C’est le moment de tout donné, aucune preuve n’est à exclure. Passé ce contrôle inattendu, la tempête est terminée.

Ayant toutes les informations nécessaires à ma connaissance, j’effectue désormais le dépôt légal pour la version papier auprès de la Bibliothèque Nationale de France. C’est un procédé obligatoire et sa mention doit figurer dans le livre. Une fois le formulaire rempli et imprimé, il faut l’envoyer par la poste avec le nombre d’exemplaire stipulé à l’adresse indiquée. Cette déclaration permet de prouver l’identité de l’auteur de l’ouvrage (en plus, des autres moyens qui existent).

C’est ainsi, après toutes ces manipulations, que j’ai pu mettre en ligne mon livre. Je ne suis pas une experte de l’autoédition, loin de là, j’apprends encore de mes erreurs et de mes réussites. Je tenais simplement à partager mon expérience, mes conseils et mes astuces pour toutes les personnes intéressées, en espérant que cela puisse vous aider à y voir plus clair. Ce n’est pas de tout repos mais pouvoir tenir son oeuvre entre ses mains, après l’avoir écrite, illustrée et éditée, ça n’a pas de prix…

Sur ce, je vous souhaite une bonne soirée et n’hésitez surtout pas à me contacter si vous avez des questions.

crédit photo : megane lopez

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4 réflexions sur “L’autoédition

  1. Séverine dit :

    Je suis sûre que ton article en aidera plus d’un !

    Merci pour ces belles éloges que tu as rédigé à mon égard…
    Je suis vraiment heureuse de pouvoir t’accompagner dans tes écrits, et t’aider à réaliser tes rêves, même si cela me donne de grosses responsabilités comme tu dis ! Tu es vraiment talentueuse et tu mérites d’être connue.

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