Ces mots qui restent gravés

Bien le bonsoir,

Aujourd’hui, j’ai envie de vous faire découvrir quelques-uns de mes livres préférés. J’ai effectué un choix minutieux pour n’en garder que trois. Ils sont assez spéciaux car je les porte en moi tel le souvenir d’une aventure véritablement vécue. Ironie du sort, je n’ai même pas choisi de les acheter à l’origine. En réalité, j’ai rencontré les deux premiers durant mon parcours scolaire donc lecture obligatoire et j’ai reçu le troisième en cadeau donc lecture conseillée. Et pourtant, même si je ne les désirais pas avant de les avoir en main, c’est le coup de foudre dès la première page. Je tombe sous le charme de ces mots puissants qui en font des purs chefs d’oeuvre et je me laisse emporter par ces histoires plus différentes les unes que les autres. Avec elles, je ressens des émotions intenses qui pétillent au fond de mon estomac. Je vacille entre tristesse et joie pour m’endormir, le coeur débordant de vie, d’espoir, de poésie. 

Le coup de coeur

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Titre : Lambeaux

Auteur : Charles Juliet

Résumé : Dans cet ouvrage, l’auteur a voulu célébrer ses deux mères : l’esseulée et la vaillante, l’étouffée et la valeureuse, la jetée-dans-la-fosse et la toute-donnée. La première, celle qui lui a donné le jour, une paysanne, à la suite d’un amour malheureux, d’un mariage qui l’a déçue, puis quatre maternités rapprochées, a sombré dans une profonde dépression. Hospitalisée un mois après la naissance de son dernier enfant, elle est morte huit ans plus tard dans d’atroces conditions. La seconde, mère d’une famille nombreuse, elle aussi paysanne, a recueilli cet enfant et l’a élevé comme s’il avait été son fils. Après avoir évoqué ces deux émouvantes figures, l’auteur relate succinctement son parcours. Ce faisant, il nous raconte la naissance à soi-même d’un homme qui est parvenu à triompher de la « détresse impensable » dont il était prisonnier. Voilà pourquoi Lambeaux est avant tout un livre d’espoir.

Critique : Cet ouvrage, honnêtement, je ne me serai jamais retournée dessus pour le lire. Alors je remercie sincèrement ma professeure de littérature de l’époque pour m’avoir permis de faire cette découverte incroyable. C’est sans aucun doute le livre le plus marquant de mon existence. J’ignore si je vais parvenir à expliquer le pourquoi du comment mais des années après, je le sens toujours vibrer sous ma peau. Je me souviens très bien des premières impressions. La surprise, la fascination, l’émotion. Je découvre une narration particulière avec l’emploi de la seconde personne du singulier et je peux vous assurer que c’est quelque chose ! Au début, je suis un peu déroutée, je n’ai pas l’habitude mais je me laisse toucher par ce tu qui rend le texte plus vivant que jamais. Il prend une autre dimension, les mots ont tellement de portée que j’en reste bouche bée et l’histoire de Charles Juliet devient mon histoire. Je me retrouve dans la peau des personnages sans comprendre ce qui m’arrive, oubliant ce qu’on peut ressentir avec un simple je. C’est une expérience très enrichissante qui donne l’impression de faire un voyage dans ses propres souvenirs. Les mémoires de ces mères disparues reprennent vie comme si elles étaient des fragments reconstitués de soi-même.

Citation : Et tu sais qu’en dépit des souffrances, des déceptions et des drames qu’elle charrie, tu sais maintenant de toutes les fibres de ton corps combien passionnante est la vie.

L’indétronâble

baudelaire

Titre : Les fleurs du mal

Auteur : Charles Baudelaire

Résumé : Avec Les Fleurs du Mal commence la poésie moderne : le lyrisme subjectif s’efface devant cette « impersonnalité volontaire » que Baudelaire a lui-même postulée ; la nature et ses retours cycliques cèdent la place au décor urbain et à ses changements marqués par l’Histoire, et il arrive que le poète accède au beau par l’expérience de la laideur. Quant au mal affiché dès le titre du recueil, s’il nous apporte la preuve que l’art ici se dénoue de la morale, il n’en préserve pas moins la profonde spiritualité des poèmes. D’où la stupeur que Baudelaire put ressentir quand le Tribunal de la Seine condamna la première édition de 1857 pour « outrage à la morale publique et aux bonnes mœurs » et l’obligea à retrancher six pièces du volume – donc à remettre en cause la structure du recueil qu’il avait si précisément concertée. En 1861, la seconde édition fut augmentée de trente-cinq pièces, puis Baudelaire continua d’écrire pour son livre d’autres poèmes encore. Mais après la censure, c’est la mort qui vint l’empêcher de donner aux Fleurs du Mal la forme définitive qu’il souhaitait – et que nous ne connaîtrons jamais.

Critique : Quand je pose mes yeux sur ce livre, j’ai l’impression de retrouver un vieil ami. Les pages sont un peu chiffonnées mais elles portent la même odeur qu’au premier jour. Le temps est passé depuis notre rencontre, pourtant je m’en souviens comme si c’était hier. Entre lui et moi, rien n’a changé. Je retrouve le goût exquis de l’évasion au fil de ses rimes que je préfère lire à voix haute afin d’entendre la mélodie qu’ils s’y jouent. Je me laisse émerveillée par la beauté de ses poèmes, acceptant tout ce que je ressens en cet instant. Je m’en vais cueillir les Fleurs du mal que Charles Baudelaire s’est évertué à publier dans son intégralité quand les mœurs l’en empêchaient. Bien que cette époque soit révolue, l’auteur parvient toujours à toucher par sa plume magnifique dont les mots jaillissaient comme des étincelles. Je ne peux m’empêcher d’être subjuguée par cette poésie palpitante et j’aime me recueillir au plus près d’elle. Je prends mon temps, apprécie ce plaisir et bien souvent l’achève sur plusieurs jours voire plusieurs semaines. Je ne veux pas précipiter les adieux même si je me délecte de chacune de nos retrouvailles, mon vieil ami.

Citation : Sans cesses à mes côtés s’agite le Démon ; Il nage autour de moi comme un air impalpable ; Je l’avale et le sens qui brûle mon poumon. Et l’emplit d’un désir éternel et coupable.

Le fou rire

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Titre : Confessions d’un hypocondriaque

Auteur : Christophe Ruaults

Résumé : Un rhume ? C’est sûrement une pneumonie qui s’annonce. Un mal de tête ? Les prémices d’une méningite. Un trou de mémoire ? Un Alzheimer précoce… Et le narrateur enchaîne les visites chez les spécialistes, multiplie analyses et scanners. Le diagnostic est évident : Thomas est hypocondriaque. Mais combien de temps la femme de sa vie va-t-elle tenir le coup face à cet anxieux obsédé par sa santé ? Dans un récit enlevé, ponctué de scènes où le rire côtoie l’émotion, l’auteur met le doigt sur un mal qui nous touche tous à divers degrés.

Critique : Il est rare que je trouve un livre aussi drôle mais celui-ci est un pur régal. En sa compagnie, j’ai passé mes soirées à pleurer de rire, au point d’en avoir mal au ventre. Probablement parce que je me suis reconnue dans de multiples situations. Il faut dire que j’ai reçu cet ouvrage en cadeau pour une très bonne raison… j’ai moi-même (parfois) des tendances hypocondriaques. Je suis loin d’atteindre le niveau de Christophe Ruaults qui place la barre particulièrement haute. C’est pourquoi, lorsque je commence à lire les premières pages, je ne m’attends pas à m’identifier autant à ses propos mais il réussit à partager son trouble pour qu’il devienne, le temps d’une histoire, notre trouble. Ensemble, nous y faisons face, sans jamais perdre de vue nos progrès. Ainsi, nous parvenons à la fin de cette belle aventure lorsque l’émotion me guette. Néanmoins, j’achève cette oeuvre le cœur léger parce que je suis toujours imprégnée de cet humour délicieux dont l’auteur use pour dépeindre l’enfer d’un quotidien que le nouveau siècle alimente grâce à la magie d’internet !

Citation : Docteurs et doctoresses, vous pourriez faire de vos salles d’attente des lieux où on la meuble – l’attente – autrement qu’avec des gazettes d’un autre âge. Parties de poker, tir à la corde, séances de speed dating, le tout entre patients. Les possibilités ne manquent pas. Pourquoi ne pas y diffuser des films, comme dans les avions ? Connaissant votre goût prononcé pour l’humour noir pendant les années d’internat, j’ai établi une programmation sur mesure : Sept Morts sur ordonnance ; Docteur Petiot ; Le Diabolique docteur Mabuse ; La Mort aux trousses ; Cadavres exquis ; et spécialement pour vous, mes amis les gastro-entérologues, Alien, avec la bestiole qui surgit des entrailles pour faire risette.

J’espère que cet article vous aura plu, peut-être que certains de ces livres font même partis de votre top 3 personnel ! J’aimerais beaucoup découvrir vos lectures préférées alors n’hésitez pas à partager et commenter ! Sur ce, je vous souhaite une très belle soirée !

© crédit photo : megane lopez

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4 réflexions sur “Ces mots qui restent gravés

  1. Gaelle dit :

    Tiens, il faudrait que je lise l’hypocondriaque, moi qui le suit légèrement sur les bords XD
    Sinon Baudelaire fait sens pour beaucoup de genre et ça fait plaisir ! Je ne connais pas l’autre par contre et ce n’est pas mon genre privilégié mais pourquoi pas, je suis toujours curieuse ^^
    Difficile de faire un top 3 de mon côté mais indubitablement j’y mets Le Portrait de Dorian Gray de Wilde, Le seigneur des anneaux et Lestat d’Anne Rice…. mais il faudrait que j’y mette aussi Cartographie des nuages de David Mitchell, le Comte de Monte Cristo de Dumas, les sonnets de Shakespeare, Alice au pays des merveilles, Anna Karenine et les chroniques de San Francisco d’Armistead Maupin……. Ok. Top 3 impossible. Désolée >_<

    Aimé par 1 personne

  2. Séverine dit :

    Je ne connais pas Lambeaux mais comme Gaelle, ce n’est pas trop mon style de lecture.
    Baudelaire est effectivement un incontournable de la poésie ! Dans le domaine, j’ai beaucoup aimé Calligrammes de Guillaume Apollinaire, ses poèmes ont un côté plutôt surréaliste, et puis le lyrisme visuel qu’il leur donne !
    J’aime lire et j’ai aimé toutes mes lectures. En mettre trois en avant, c’est compliqué pour moi !
    Ceci dit j’ai lu quatre fois les dix petits nègres d’Agatha Christie ! J’ai adoré l’intrigue de l’histoire qui est extrêmement bien ficelée et assez originale. Puis le dénouement est inattendu !
    Hypnose de Peter James. Un thriller qui nous tient en haleine jusqu’au bout et qui fait allusion à la pratique de l’hypnose de plus en plus utilisé de nos jours.
    La nuit des temps de Barjavel et 1984 de George Owrell qui sont très prenant et nous amène à réfléchir sur le fonctionnement de notre société et le progrès scientifique avec ses limites.

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