Construire une trame narrative

Kézako ? C’est tout ce qui se déroule de la première jusqu’à la dernière page d’une histoire. En résumé, on passe en revue toutes les lettres de l’alphabet sans oublier celles qui souffrent de leurs accents particuliers dans la langue française .

Pourquoi faire ? Déterminer la structure de son récit est un peu la base de tout, enfin de mon point de vue. J’ai besoin de savoir dans quoi je m’engage avant de m’y jeter à corps perdu, c’est pourquoi je consacre autant de temps et d’énergie à élaborer mon arc narratif. C’est lui qui va permettre aux événements de s’enchaîner, aux personnages de se rencontrer. Il représente le squelette de l’organisme et doit nécessairement être solide pour supporter le poids des mots qui incarnent les différentes couches de peau. Ainsi, je le prépare minutieusement même si je sais d’ores et déjà qu’il va subir quelques modifications au cours de l’écriture. 

Personnellement, je ne le construis pas du tout par ordre chronologique, ce qui est probablement un défaut de ma part mais je fonctionne de cette façon que voulez-vous. Lorsqu’une idée me vient en tête, le début et la fin de l’histoire m’apparaissent instantanément. Je n’arrive pas à penser l’un sans l’autre et il me faut, par la suite, combler le vide entre eux. C’est ici que le travail de construction prend vie. Tel un joueur professionnel de lego ayant reçu une toute nouvelle collection, je commence à emboîter les briques avec euphorie pour donner du sens à mon projet. Je vois toujours très grand quitte à réviser mes attentes plus tard (quand la réalité finit par me rattraper ).

Alors pour procéder, j’ai deux petites méthodes. Soit je détermine tout à l’avance et liste minutieusement ce qui se déroule dans l’histoire, chapitre par chapitre et je vais au fond des choses, je réfléchis d’emblée aux petits détails comme par exemple, le prénom de tous les personnages, leur description physique et psychologique, la couleur des murs, le nom des rues, les indices laissés, etc. Soit je n’écris rien mais visualise l’ensemble jusqu’à parvenir à circuler dans ma tête sans m’égarer grâce aux indications de mon GPS personnel. Je m’occupe des différents points à traiter au fur et à mesure de la rédaction. Pour ce qui est du choix de la technique, honnêtement je n’ai pas de préférence. Tout dépend de l’univers dans lequel je m’inscris et des possibilités dont je dispose. Lorsque j’essaie de coller à la réalité, mon côté psycho-rigide prend le dessus et j’inscris absolument tout ce dont je vais parler jusqu’à la marque de shampoing de mon protagoniste principal. Je ne parlerai pas forcément de ses tendances capillaires (même si c’est un sujet fort passionnant) mais cela me permet de maîtriser mon récit et surtout de m’assurer d’une certaine cohérence.

Pour vous donner un petit aperçu de la première procédure, je suis allée chercher dans mes dossiers un document illustrant mes propos. Il se nomme récapitulatif et comme son plan l’indique, il contient la trame d’une de mes histoires. Je ne vais pas le publier en entier car il dévoile l’intégralité de mon premier livre et les spoilers sont à modérer (paraît-il).

Titre : Comme un battement de cœur

Chapitres : 7

Premier chapitre – Mise en place de l’intrigue :

  • Rencontre avec Lena, personnage principal. Réveil dans un entrepôt de la ville (référence à un mauvais rêve). Ses souvenirs sont flous et son corps épuisé, (impression de malaise). Prononce le nom d’un personnage secondaire, Allison. Élément physique dévoilé : cheveux bruns.
  • Retour à son domicile. Tenue décrite : robe et bottines. Découvre une inconnue dans son appartement, les deux jeunes femmes se disputent (confusion, confrontation, collision). Échec total, portable sans batterie, porte refermée à clef.
  • Sa voisine arrive, Madame Lee, la commère de l’immeuble. Ne reconnaît pas Lena (remise en question), lui demande de partir. Agression avec un déodorant (au jasmin, ça sent bon), désorientation, vue brouillée, douleurs vives.
  • Quitte son immeuble, trouve refuge dans un bistrot pour se rincer les yeux et souffler un coup. Aperçu de Lena dans le miroir : teint livide, tâches de rousseur. Sentiment d’épuisement.
  • Remarque une adresse sur son bras (rue des fleurs), ne comprend pas ce qu’elle signifie (mystère, peur, doute au rendez-vous). C’est la panique à bord.
  • Cherche de l’aide dans un commissariat afin de mettre un terme à cette mésaventure et porter plainte contre l’inconnue pour violation de domicile et usurpation d’identité (référence au réveil/cauchemar). Passe un coup de téléphone à sa mère qui ne la reconnaît pas, c’est le désastre. Élément personnel sur Lena : date de naissance (11 novembre 1996).

Comme vous pouvez le constater, je ne rédige pas forcément des phrases à la syntaxe parfaite, le but étant juste d’énumérer le déroulement des événements les uns après les autres. Ainsi, lorsque je passe à la rédaction, je suis ce plan précis et selon mon inspiration, je rajoute, enlève, modifie des éléments. L’arc narratif est un simple modèle à suivre, le fond donc il est souvent retravaillée au moment de l’écriture qui représente la forme de l’histoire.

Sur ce, je vous souhaite une bonne soirée. J’espère que cet article vous aura plu et si vous avez des questions sur le sujet, n’hésitez pas. En tout cas, j’ai beaucoup apprécié de partager ma formule à trame, même si encore une fois, elle n’engage que moi.

crédit photo : megane lopez.

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4 réflexions sur “Construire une trame narrative

  1. Gaelle dit :

    Très intéressant cet article ! Je ne peux m’empêcher de comparer à ma façon de faire chaque fois qu’un auteur dévoile sa façon de créer et j’ai remarqué une chose : il n’y a pas de méthode miracle, chaque auteur a ses propres façons de faire ! Cela dit, comme toi j’écris globalement une trame générale avec les éléments que je veux insérer dans chaque partie. Mais la réalité de l’écriture me fait souvent modifier tout ça assez lourdement quand ce n’est pas simplement des détails !

    Aimé par 1 personne

  2. Le monde de Megane dit :

    Merci beaucoup ! Oui c’est vrai, il n’existe pas une méthode universelle, c’est propre à chacun. Je te rassure, je modifie aussi certains événements prévus dans la trame au fil de l’écriture. C’est ce qui prouve que la réflexion évolue, on ne se contente pas de suivre le plan de A à Z.

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  3. Séverine dit :

    Ta trame est synthétique et en même temps ultra précise avecdes détails bien spécifiques à certains endroits !

    J’adore écrire et j’ai une imagination débordante ! Comme toi j’ai toujours le début et la fin d’une histoire mais alors ce qui se passe au milieu, j’ai énormément de mal à l’anticiper. En général, l’inspiration vient d’elle-même de nuit avec un peu de musiques, et alors… un flot d’idées se succède !

    Aimé par 1 personne

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